Camelia AHBAB
août 2, 2026
Jusqu’ici, la déclaration était numérique mais le paiement, lui, restait physique. On remplissait sa G n°50 sur Jibayatic, puis on imprimait, on se déplaçait à l’inspection, on faisait la queue, parfois deux fois parce qu’un justificatif manquait. Cette rupture au milieu du parcours était l’anomalie la plus visible de la fiscalité algérienne.
Elle vient de disparaître. Le 25 juillet 2026, la Direction générale des impôts a ouvert le paiement électronique à distance des droits et taxes sur le portail Jibayatic. Déclarer et payer se font désormais au même endroit, dans la même session.
Voici ce que cela implique réellement pour une entreprise ou un auto-entrepreneur algérien.
Ce qui est effectivement ouvert
Le service couvre le règlement des droits et taxes dus, directement depuis l’espace personnel du contribuable sur Jibayatic. Aucune démarche d’inscription supplémentaire n’est nécessaire pour ceux qui utilisent déjà le portail pour leurs télédéclarations : le module de paiement s’ajoute à un compte existant.
Point important, et rare dans les dispositifs fiscaux : il n’y a pas de filtre. La DGI précise que le service s’adresse à « l’ensemble des contribuables, quel que soit leur régime fiscal ». Régime de l’impôt forfaitaire unique, réel, auto-entrepreneur : tout le monde est concerné dès l’ouverture, sans phase pilote réservée aux grandes entreprises.
Les moyens de paiement acceptés
Trois canaux sont disponibles, et le choix n’est pas neutre selon votre profil.
| Moyen de paiement | Pour qui | À vérifier avant |
|---|---|---|
| Carte interbancaire (CIB) | Entreprises et professionnels disposant d’un compte bancaire | Plafond de paiement en ligne de la carte |
| Carte Edahabia | Auto-entrepreneurs et petits contribuables clients d’Algérie Poste | Solde disponible du CCP |
| Virement bancaire | Montants élevés dépassant les plafonds carte | Banque figurant parmi les partenaires |
Pour le virement, cinq banques publiques sont raccordées au dispositif : la Banque nationale d’Algérie (BNA), le Crédit populaire d’Algérie (CPA), la Banque de développement local (BDL), la Banque de l’agriculture et du développement rural (BADR) et la Banque extérieure d’Algérie (BEA).
Si votre banque n’y figure pas la voie du virement vous est pour l’instant fermée. Le réflexe à avoir : tester la carte avant l’échéance, pas le jour de l’échéance.
Le sujet des identifiants, à régler maintenant
C’est le point de friction qui va bloquer le plus de contribuables au premier essai, et il ne se résout pas en ligne.
L’accès à l’espace personnel Jibayatic exige un nom d’utilisateur et un mot de passe délivrés par l’administration fiscale. Si vous ne les avez jamais reçus, ou si vous les avez égarés, il faut vous rendre auprès de votre structure de rattachement : inspection des impôts, centre des impôts (CDI) ou centre de proximité des impôts (CPI).
Autrement dit, un dernier déplacement est parfois nécessaire pour ne plus jamais avoir à se déplacer. Faites-le en période creuse. Se présenter au guichet le 19 du mois pour récupérer un mot de passe et payer dans la foulée est le scénario le plus prévisible et le plus évitable.

Les gains annoncés, et ceux qui comptent vraiment
La DGI met en avant « un gain de temps, un accès aux services 24 H/24 et 7 jours/7, une meilleure sécurisation des opérations, ainsi qu’une réduction des déplacements et des délais d’attente ».
Ces bénéfices sont réels, mais deux effets moins commentés méritent l’attention d’un gérant.
La preuve de paiement devient horodatée. L’accusé de règlement électronique porte une date et une heure certaines. En cas de contestation sur un retard, vous ne dépendez plus d’un cachet manuscrit ni d’un reçu papier conservé dans un classeur.
La trésorerie se pilote plus finement. Payer depuis son bureau permet de régler le jour de l’échéance plutôt que trois jours avant par précaution logistique. Sur un exercice complet, ce décalage de quelques jours à chaque échéance mensuelle représente un ballon d’oxygène non négligeable pour une petite structure.
Le maillon qui reste de votre côté
Le télépaiement fiabilise l’aval de la chaîne. Il ne touche pas à l’amont.
Une G n°50 juste suppose un chiffre d’affaires juste, donc une TVA correctement ventilée par taux, des factures numérotées sans rupture de séquence, et des encaissements rapprochés. Si ces bases sont fragiles, le paiement en ligne ne fait qu’accélérer le règlement d’un montant erroné et rend l’écart plus traçable, pas moins.
Quelques réflexes utiles avant chaque échéance :
- Rapprocher le chiffre d’affaires déclaré du total des factures émises sur la période, taux par taux
- Vérifier qu’aucune facture n’a été annulée sans avoir été remplacée par un avoir
- Archiver l’accusé de paiement électronique avec la déclaration correspondante, dans le même dossier
- Anticiper le plafond de la carte utilisée quand une échéance est plus lourde que d’habitude
C’est exactement le travail que Fatoura automatise : la facturation conforme, la ventilation de la TVA et les états prêts à reporter dans Jibayatic. Le portail se charge du paiement ; vous devez encore lui donner les bons chiffres.
En résumé
| Question | Réponse |
|---|---|
| Depuis quand ? | 25 juillet 2026 |
| Où ? | Portail Jibayatic, espace personnel |
| Qui peut l’utiliser ? | Tous les contribuables, tous régimes fiscaux |
| Comment payer ? | CIB, Edahabia, ou virement (BNA, CPA, BDL, BADR, BEA) |
| Identifiants perdus ? | Inspection des impôts, CDI ou CPI |
La fiscalité algérienne franchit ici une étape qui manquait depuis le lancement de la télédéclaration. Le parcours est enfin continu de bout en bout. Reste à ce que les données qui l’alimentent le soient tout autant.
