Camelia AHBAB
juillet 29, 2026
En 2026, le métier de comptable en Algérie change de visage. La numérisation fiscale s’accélère. Les contrôles se durcissent. De plus, la lutte anti-blanchiment impose de nouvelles vigilances. Voici, concrètement, ce qui évolue et comment vous y préparer.
Un cadre professionnel toujours régi par la loi 10-01
D’abord, rappelons le socle. La loi n° 10-01 du 29 juin 2010 encadre trois métiers distincts : l’expert-comptable, le commissaire aux comptes et le comptable agréé. Elle a créé le Conseil national de la comptabilité (CNC). Ce conseil dépend du ministre des Finances. Il agrée les professionnels. Il surveille aussi la profession. Ainsi, seul un professionnel agréé peut exercer légalement.
Ce cadre reste inchangé en 2026. En revanche, les obligations pratiques qui pèsent sur le comptable évoluent fortement.
La télédéclaration devient obligatoire sous Jibayatic
Première rupture : la déclaration en ligne. Désormais, la loi de finances 2026 impose la télédéclaration aux contribuables du régime réel et du régime simplifié. Cette obligation vise ceux qui relèvent d’un service doté du système « Jibayatic » (art. 111). Concrètement, le comptable dépose les déclarations directement sur le portail. Il peut aussi régler l’impôt par voie électronique.

Pour les contribuables à l’IFU, en revanche, la démarche reste facultative. Autre nouveauté : la déclaration des salaires « G n°29 » passe elle aussi en ligne. De plus, l’employeur doit y mentionner le Numéro d’identification national (NIN) de chaque salarié. Le comptable devient donc, plus que jamais, l’interface numérique de l’entreprise avec le fisc.
Le contrôle de la comptabilité informatisée entre en vigueur en 2027
Deuxième changement majeur : le contrôle des comptabilités tenues sur logiciel. La loi de finances 2026 fixe de nouvelles règles, applicables dès le 1er janvier 2027 (art. 58, 74 et 81).
D’abord, le contribuable vérifié devra présenter un engagement de conformité de l’éditeur de son logiciel. Ce document atteste l’inaltérabilité, la sécurisation, la conservation et l’archivage des données. Ensuite, le comptable remettra au vérificateur une copie dématérialisée des écritures, et cela dès la première intervention. Par ailleurs, la durée de conservation s’aligne sur le papier : six ans. Enfin, les éditeurs de logiciels devront livrer, sur demande, leurs codes et leur documentation.
Le message est clair. Un tableur improvisé ne suffira plus. Le comptable s’appuie désormais sur des outils certifiés et traçables.

La lutte anti-blanchiment impose de nouvelles vigilances
Troisième front : le blanchiment d’argent. Depuis octobre 2024, l’Algérie figure sur la liste grise du GAFI. Le pays multiplie donc les mesures. Dans ce cadre, le CNC a fixé six obligations pour les comptables et les auditeurs. Un arrêté du ministère des Finances, publié au Journal officiel du 25 mai 2026, les a rendues exécutoires.
Ces obligations découlent de la loi n° 05-01 du 6 février 2005 relative à la lutte contre le blanchiment. Concrètement, le comptable identifie son client. Il surveille aussi les opérations suspectes. Et, le cas échéant, il déclare ses soupçons. La vigilance devient donc une mission à part entière.
Le comptable, acteur clé de la régularisation fiscale volontaire
En 2026, une fenêtre s’ouvre aussi côté régularisation. La loi de finances 2026 crée un dispositif exceptionnel (art. 93). Il permet de déclarer des sommes jusque-là omises. Le taux libératoire s’élève à 8 %, sans pénalité. Toutefois, la date limite tombe le 31 décembre 2026.
Le comptable joue ici un rôle de conseil. D’abord, il évalue l’intérêt du dispositif. Ensuite, il sécurise la déclaration de son client.
Ce qui change, en un coup d’œil
| Domaine | Avant | En 2026 |
| Déclaration (réel et simplifié) | Papier ou en ligne selon les cas | Télédéclaration obligatoire sous Jibayatic |
| Déclaration des salaires (G n°29) | Souvent sur papier | En ligne, avec le NIN de chaque salarié |
| Comptabilité sur logiciel | Peu encadrée | Engagement de conformité de l’éditeur (dès 2027) |
| Conservation des données | Variable | Six ans, comme les documents papier |
| Blanchiment d’argent | Vigilance générale | Six obligations formalisées pour les comptables |
À ne pas confondre : les trois métiers de la comptabilité
Un rappel utile s’impose. Ces trois professions ne se confondent pas. Le comptable agréé tient et présente les comptes. L’expert-comptable, lui, va plus loin : il révise, atteste et conseille. Enfin, le commissaire aux comptes contrôle et certifie les comptes en toute indépendance.
Une même personne ne cumule pas ces rôles sur un même dossier. Cette séparation protège donc la fiabilité de l’information financière.
Ce que les entreprises algériennes doivent anticiper
Que retenir, concrètement ? D’abord, équipez-vous d’un logiciel comptable conforme. Ensuite, activez vos accès Jibayatic sans attendre. Par ailleurs, collectez le NIN de chaque salarié dès maintenant. Enfin, archivez vos données sur six ans.
En clair, la conformité ne s’improvise plus. Elle se prépare en amont.
Anticipez la transition numérique avec un outil conforme
La facturation et la déclaration passent au numérique. Autant vous équiper dès maintenant. Fatoura simplifie votre facturation et vous aide à rester conforme aux nouvelles exigences fiscales algériennes. Gagnez ainsi du temps sur vos obligations, et concentrez-vous sur votre activité.
