Camelia AHBAB
août 11, 2026
Dans notre premier article, nous avons présenté l’ouverture du paiement en ligne des impôts en Algérie : ce que le service couvre, les moyens de paiement acceptés et la question des identifiants d’accès.
À lire d’abord : Jibaya’tic : payer ses impôts en ligne
Reste une question que beaucoup de contribuables nous ont posée depuis : concrètement, on clique où ?
Avant de commencer : trois vérifications
Votre compte Jibaya’tic est actif. L’identifiant et le mot de passe sont remis sous pli fermé par le service des impôts dont vous relevez (DGE, CDI, CPI ou inspection). Le mot de passe initial n’est valable que pour le premier accès : le système vous demande automatiquement de le changer.
Vos RIB sont communiqués à l’administration. C’est le point le plus souvent négligé. Pour payer par virement, les coordonnées des comptes bancaires que vous comptez utiliser doivent avoir été transmises au service des impôts. Sans cela, la liste déroulante des RIB reste vide au moment de payer.
Votre carte est valide. Carte CIB délivrée par un établissement bancaire, ou carte Edahabia d’Algérie Poste.
Le reste tient à un support avec accès Internet : ordinateur, tablette ou mobile.
Obligatoire ou volontaire : le point à clarifier
Le paiement en ligne est ouvert à l’ensemble des contribuables, mais le régime n’est pas le même selon la structure de rattachement.
Obligatoire pour les contribuables relevant de la Direction des Grandes Entreprises (DGE).
Volontaire pour :
- les contribuables au régime du réel et au régime simplifié relevant des Centres des Impôts (CDI) ;
- les contribuables soumis à l’Impôt Forfaitaire Unique (IFU) relevant des Centres de Proximité des Impôts (CPI) ;
- les contribuables relevant des inspections des impôts, quel que soit leur régime (réel, réel simplifié ou IFU).
Concrètement : tout impôt, droit ou taxe qui fait déjà l’objet d’une déclaration en ligne sur Jibaya’tic peut être réglé en ligne.
Si vous passez par un comptable
Un comptable ou un commissaire aux comptes peut déclarer et payer pour ses clients. La procédure d’habilitation est simple mais formelle.
- Le comptable produit au service des impôts dont relève le contribuable le document attestant du mandatement.
- Après vérification, le service procède au rattachement direct des comptes clients au compte Jibaya’tic du comptable.
- Le comptable accède ensuite directement au compte Jibaya’tic de chaque client pour déclarer et payer.
Toute modification de la liste des contribuables clients ajout ou suppression de comptes passe par une demande au service des impôts. Ce n’est pas modifiable en autonomie depuis le portail.
Étape 1 : arriver jusqu’au bouton « Paiement »
Le paiement ne se déclenche pas seul, il part toujours d’une déclaration. Connectez-vous à votre compte, puis :
- sélectionnez la déclaration concernée ;
- saisissez les données de la déclaration ;
- recalculez les droits dus ;
- contrôlez la déclaration.
Dès que le montant des droits dus dépasse 0, un onglet « PAIEMENT » apparaît sur la déclaration. Vous y choisissez entre un règlement en ligne et un règlement au guichet de la recette des impôts.

L’onglet « PAIEMENT » apparaît à côté de « DÉCLARATION » dès que les droits dus sont supérieurs à 0. Source : guide DGI.
Étape 2A : payer par virement bancaire
1. Cliquez sur le bouton « Virement ».
2. Sélectionnez le RIB. Une liste déroulante affiche les RIB que vous avez communiqués au service des impôts. Choisissez celui qui doit être débité.
Si la liste est vide, c’est que vos données bancaires ne sont pas enregistrées dans le système. Il faut les transmettre au service des impôts avant de pouvoir continuer.
3. Confirmez le compte. Le système demande une confirmation : cliquez sur « Oui », puis sur « sauveg. version préliminaire ».

Sélection de l’option « Virement », choix du RIB dans la liste déroulante, puis confirmation du compte à débiter. Source : guide DGI.
La déclaration est alors enregistrée en mode brouillon. Vous pouvez encore la modifier à ce stade.
4. Cliquez sur « Envoyer ». La déclaration devient définitive et l’ordre de virement part en exécution. Confirmez par « Oui ».

Le message de confirmation : la déclaration est traitée et le virement marqué pour exécution. Source : guide DGI.
Un point à retenir sur le contenu de l’ordre : il embarque vos coordonnées bancaires, votre identité ou raison sociale, le montant, l’identifiant du formulaire de déclaration et le RIB du receveur des impôts. Un seul compte peut être utilisé par déclaration pas de règlement réparti sur deux banques.
Étape 2B : payer par carte CIB ou Edahabia
1. Sélectionnez « Au guichet / Par carte CIB ou Edahabia ». Le même bouton couvre les deux cas ; le choix se fait plus loin.
2. Cliquez sur « sauveg. version préliminaire ». Déclaration en brouillon, encore modifiable.
3. Cliquez sur « Envoyer ». La déclaration devient définitive. Vous pouvez télécharger votre avis à payer.
4. Cliquez sur « Payer ». Deux options s’ouvrent : poursuivre le paiement par carte, ou clôturer la procédure pour aller régler au guichet.
5. Pour payer par carte :
- cochez le captcha « Je ne suis pas un robot » ;
- cochez « paiement par carte interbancaire » ;
- cliquez sur « Procéder au paiement ».
Vous êtes redirigé vers la plateforme de paiement interbancaire, où vous saisissez le numéro à 16 chiffres au recto de la carte, la date de validité et le cryptogramme visuel à 3 chiffres au verso.

La plateforme CIB affiche le marchand (DGI), l’adresse du site et le montant. Notez le compte à rebours : la session de paiement est limitée dans le temps. Source : guide DGI.
Une fois le paiement abouti, le système génère un reçu de paiement électronique, téléchargeable et imprimable.
Le paiement partiel est possible
Vous pouvez ne régler qu’une partie des droits dus : modifiez le montant inscrit dans le champ « Montant à payer » avant de valider. Utile quand la trésorerie ne couvre pas la totalité à l’échéance.
Si vous choisissez le guichet
Présentez-vous à la recette des impôts muni de votre avis à payer. Le règlement se fait en espèces, par chèque ou par TPE avec votre code confidentiel à 4 chiffres.
Deux limites à connaître
Le paiement en ligne ne couvre que les obligations déclaratives. Les dettes fiscales et les restes à recouvrer ne peuvent pas être réglés par cette voie. Pour ceux-là, le guichet reste obligatoire.
Une déclaration « Néant » garde son onglet « Paiement ». Il reste accessible pour permettre le règlement d’éventuelles amendes et pénalités fiscales.
Étape 3 : suivre son paiement
Le suivi se fait depuis « Mon Profil », puis la rubrique « Compte aux. unique du contribuable ».

Le tableau de bord Jibaya’tic. « Mes télépaiements » et « Mon profil » sont les deux rubriques utiles au suivi. Source : guide DGI.
Pour un virement bancaire
Après l’envoi, l’ordre part à la banque et la mention « Virement en cours » s’affiche dans votre compte auxiliaire.
Le traitement met à jour votre situation à J+1 ouvrable au plus tard. Quand le paiement passe, la ligne est masquée automatiquement.
Dès que le service des impôts reçoit la réponse de la banque, le résultat apparaît dans « Mes télépaiements », sous l’un des deux statuts :
- Payé le virement a abouti ;
- Rejeté le virement a échoué, avec le motif communiqué par la banque.

La rubrique « Mes télépaiements » récapitule chaque opération avec son statut. La colonne « Motif de rejet » n’est renseignée qu’en cas d’échec. Source : guide DGI.
Pour un paiement par carte
La mise à jour est immédiate dès réception du reçu électronique. Vous recevez un SMS de la banque ou d’Algérie Poste.
La quittance se récupère dans « Mes télépaiements ». Elle porte un code QR qui permet d’en vérifier l’authenticité et la validité c’est ce qui en fait une preuve opposable.

La quittance d’encaissement générée par le système. Le code QR en haut à gauche permet d’en vérifier l’authenticité. Source : guide DGI.
Les 17 motifs de rejet d’un paiement
Le système recense dix-sept cas de rejet :
- provision insuffisante
- découvert non autorisé
- découvert dépassé
- autorisation de découvert expirée
- compte clôturé
- compte inexistant
- compte sans mouvement
- compte bloqué ou suspendu par décision judiciaire
- saisie-arrêt
- avis à tiers détenteur
- opposition bancaire
- liquidation ou faillite
- interdiction bancaire
- décès du titulaire
- coordonnées bancaires erronées
- devise non conforme au dinar algérien
- ordre de virement en double
Ce qui se passe après un rejet
C’est le point le plus important de cet article.
Après un rejet, le système ne vous laisse pas retenter le paiement en ligne même une fois le motif régularisé. Provision reconstituée ou RIB corrigé n’y changent rien.
Vous avez alors deux solutions :
- vous présenter au guichet de la recette des impôts territorialement compétente pour régler les impositions concernées ;
- ou demander au receveur des impôts de relancer votre paiement en ligne.
Dans les deux cas, cela suppose un déplacement ou une démarche. D’où la règle qui suit.
Ne payez pas la veille de l’échéance
Deux mécanismes se cumulent contre les retardataires.
La saturation du portail. L’afflux de connexions simultanées en fin d’échéance déclarative sature les serveurs. Le guide de la DGI l’écrit noir sur blanc : lenteurs extrêmes, erreurs de chargement, impossibilité de valider les documents à temps.
Le délai de traitement du virement. Un virement n’est pas instantané : la mise à jour intervient à J+1 ouvrable au plus tard. Un ordre lancé le dernier jour ne se dénoue pas le jour même.
Et le rejet non rattrapable. Un virement rejeté le jour de l’échéance ne peut pas être relancé en ligne. Vous basculez au guichet, hors délai.
Trois raisons de traiter la déclaration et le paiement quelques jours avant la date limite.
Les bonnes pratiques recommandées par la DGI
- Changer le mot de passe dès le premier accès, puis le renouveler régulièrement.
- Ne jamais communiquer son mot de passe.
- Vérifier les informations et les données saisies avant validation.
- Actualiser les RIB communiqués au service des impôts à chaque changement de compte.
- Conserver les pièces justificatives et procéder à leur téléchargement.
- Se déconnecter après avoir accompli ses obligations fiscales.
En cas de blocage : qui contacter
| Incident | Solution |
|---|---|
| Mot de passe oublié | mcf.assistance@mf.gov.dz ou service des impôts dont vous relevez |
| Compte bloqué | mcf.assistance@mf.gov.dz ou service des impôts (demande de déblocage) |
| Déclaration non affichée sur le compte | Signaler et demander la configuration de l’obligation déclarative, par mail ou auprès du service |
| Question technique ou fonctionnelle | Helpdesk : mcf.assistance@mf.gov.dz |
| Première utilisation, besoin d’accompagnement | Service des impôts territorialement compétent |
Ce que le portail ne fait pas à votre place
Jibaya’tic exécute le paiement. Il ne produit pas les chiffres que vous y saisissez.
Le montant des droits dus vient de votre comptabilité : chiffre d’affaires facturé, TVA collectée et déductible, encaissements rapprochés. Si ces données sont reconstituées dans l’urgence la veille de l’échéance, le paiement en ligne ne fait qu’accélérer la transmission d’un chiffre approximatif.
Fatoura tient cette base à jour au fil de l’eau : facturation, encaissements et bases imposables consolidés en continu. Le jour de la déclaration, le montant est déjà là il ne reste qu’à le saisir et à payer.
