Camelia Ahbab
septembre 20, 2026
Vous avez créé votre entreprise, votre produit tourne, vos premiers clients paient. Et puis vous entendez parler du label startup : quatre ans d’exonération d’impôts, TVA à 0 % sur les équipements, accès à l’Algeria Startup Fund (ASF). La question arrive vite : est-ce que je suis éligible, et combien de temps ça prend ?
La bonne nouvelle, c’est que la procédure est entièrement dématérialisée et gratuite. La moins bonne, c’est qu’un dossier mal préparé se fait refuser pour des raisons souvent évitables. Dans ce guide, on passe en revue les conditions réelles, les étapes sur la plateforme startup.dz, les avantages concrets et les erreurs qui coûtent une labellisation.

Qu’est-ce que le label startup en Algérie ?
Le label startup est une reconnaissance officielle accordée par le Comité national de labellisation, encadrée par le décret exécutif n° 20-254.. Il ne s’agit pas d’un statut juridique : votre SARL reste une SARL. C’est une qualification qui ouvre droit à un régime fiscal dérogatoire et à des dispositifs de financement réservés.
Depuis le décret 25-311 du 1er décembre 2025, l’écosystème compte désormais quatre labels distincts :
| Label | Pour qui | Durée |
|---|---|---|
| Projet innovant | Avant création de l’entreprise | 2 ans, renouvelable deux fois |
| Startup | Entreprise de moins de 8 ans | 4 ans, renouvelable une fois |
| Incubateur | Structures d’accompagnement | 5 ans, renouvelable |
| Scale-up | Entreprises en forte croissance | 4 ans, renouvelable |
Le label Scale-up vise les sociétés affichant une croissance du chiffre d’affaires d’au moins 20 % par an sur trois ans et investissant au moins 3 % en R&D. Il n’est ni obligatoire, ni un préalable au label startup.
Qui peut obtenir le label startup ?
Les conditions liées à l’entreprise
- Être une personne morale de droit algérien : SARL, EURL, SPA ou SAS. Les auto-entrepreneurs et les personnes physiques ne sont pas éligibles.
- Avoir moins de 8 ans d’existence depuis l’immatriculation au CNRC..
- Employer 250 salariés au maximum.
- Avoir au moins 50 % du capital détenu par des personnes physiques ou par des fonds d’investissement agréés.
- Réaliser un chiffre d’affaires inférieur au seuil fixé par le comité national.
Les conditions liées au projet
- L’innovation : produit, service, technologie, procédé ou modèle économique. Elle doit être démontrée, pas affirmée.
- La scalabilité : votre modèle doit pouvoir croître plus vite que vos coûts. Une croissance linéaire ne suffit pas.
- La propriété intellectuelle : brevet, marque déposée à l’INAPI, ou savoir-faire distinctif documenté.
Comment faire sa labellisation sur startup.dz : les 9 étapes
- Créez votre compte sur la plateforme startup.dz.
- Complétez le profil de l’entreprise : dénomination, registre de commerce, NIF, statuts.
- Décrivez l’innovation : quel problème client, quelle solution, en quoi vous êtes différent, avec quelles preuves.
- Démontrez la scalabilité : modèle économique, projections à 3-5 ans, unit economics.
- Présentez l’équipe : CV des fondateurs, complémentarité des profils, engagement à temps plein.
- Justifiez la propriété intellectuelle : dépôts INAPI, brevets, savoir-faire protégé.
- Joignez les pièces : statuts, RC, états financiers, CV, business plan.
- Déposez le dossier. Le comité se réunit au moins deux fois par mois.
- Recevez la notification dans un délai maximal de 30 jours.
Si votre dossier est incomplet, le délai est suspendu et vous disposez de 15 jours pour le compléter.
Les 7 avantages concrets du label startup
- Exonération d’IRG, IBS ou IFU pendant 4 ans, prorogeable de 2 ans en cas de renouvellement du label.
- TVA à 0 % sur les équipements acquis dans le cadre du projet, soit 19 % économisés.
- Droits de douane réduits à 5 % sur les équipements importés.
- Accès prioritaire à l’Algeria Startup Fund (ASF), avec des tickets allant de 10 à 100 millions de dinars.
- Éligibilité aux programmes publics d’incubation et d’accélération.
- Inscription au registre national des startups, un signal de crédibilité auprès des banques, des investisseurs et des donneurs d’ordre publics.
- Une durée de 4 ans, renouvelable une fois.
À noter : l’exonération de TVA sur les équipements nécessite une attestation prévue par le décret 21-170. Le label seul ne suffit pas, il faut faire valider la liste des équipements.
Ce qui distingue un dossier accepté d’un dossier refusé
L’anatomie d’un dossier qui passe
- Un problème client précis et chiffré, avec des données de marché à l’appui.
- Une solution présentée en « avant / après », avec des preuves mesurables.
- Une scalabilité justifiée par la structure de coûts, pas par une courbe optimiste.
- Une équipe complémentaire : tech, business, expertise sectorielle.
- Au moins un dépôt INAPI effectué avant la soumission.
- Des premiers clients payants, ou à défaut des LOI/MOU significatives.
- Des prévisions cohérentes, avec des hypothèses traçables.
- Des supports visuels : maquettes, vidéo de démonstration, références d’incubateur.
Les 8 motifs de refus les plus fréquents
- L’innovation est mal démontrée : la solution existe déjà localement.
- La scalabilité est affirmée sans démonstration.
- L’équipe est incomplète ou à temps partiel.
- Aucun dépôt de propriété intellectuelle.
- Des prévisions irréalistes (plus de 500 % de croissance annuelle sans justification).
- Un business plan générique, visiblement issu d’un modèle.
- La concurrence est ignorée.
- Le dossier est incomplet ou les documents sont périmés.
Les critères d’évaluation du comité national
| Critère | Exigence | Pièce justificative |
|---|---|---|
| Ancienneté | Moins de 8 ans | Extrait du registre de commerce |
| Innovation | Produit, service ou modèle nouveau | Business plan, titres de PI |
| Chiffre d’affaires | Inférieur au seuil du comité | États financiers de l’exercice |
| Détention du capital | ≥ 50 % personnes physiques ou fonds agréés | Statuts de la société |
| Potentiel de croissance | Suffisamment important | Business plan détaillé |
| Effectif | ≤ 250 salariés | Attestation CNAS, liste du personnel |
Le décret énonce ces critères sans pondération chiffrée. En pratique, l’innovation et la propriété intellectuelle sont les deux points où se jouent la majorité des refus.
Et après la labellisation ?
Vous recevez une notification par e-mail et par courrier recommandé, puis votre entreprise est inscrite au registre national public des startups. À partir de la date d’agrément :
- l’exonération d’IRG, IBS ou IFU court pendant 4 ans ;
- l’exonération de TVA s’applique aux équipements validés ;
- vous devenez éligible au financement de l’ASF ;
- vous accédez aux programmes publics d’accélération.
Le renouvellement intervient au bout de 4 ans, si les critères sont toujours remplis. Le dossier de renouvellement comprend vos indicateurs de performance, l’historique de chiffre d’affaires sur 3 ans, la croissance clients/utilisateurs, un récapitulatif des levées de fonds, les dépôts de brevets ou de logiciels, ainsi qu’une vidéo de 3 minutes présentant votre croissance.
En cas de refus, la décision est motivée et peut faire l’objet d’un réexamen sur demande, dans un délai de 30 jours.
Labellisé, oui. Mais votre gestion doit suivre
Le label startup vous exonère d’impôt sur les bénéfices, il ne vous dispense pas de facturer correctement. Vos factures doivent toujours comporter les mentions légales obligatoires, votre TVA sur les ventes reste due, vos états financiers annuels seront demandés au renouvellement, et l’ASF comme les investisseurs regarderont vos chiffres avant votre pitch.
C’est exactement là que Fatoura intervient : facturation conforme à la réglementation algérienne, suivi de trésorerie, gestion de stock et états financiers exportables en quelques clics. De quoi garder un dossier propre, du premier devis jusqu’à la demande de renouvellement.
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